[Communiqué de presse] Cessons de réprimer la jeunesse pour la faire taire
Publié le 2 octobre 2026
Nous assistons depuis le début de la semaine à un mouvement de contestation d’ampleur. Les lycéen·nes expriment leur colère face à l’état de délabrement du service public de l’éducation, qui les frappe de plein fouet et entrave leur avenir.
Face à cette colère légitime, le gouvernement a fait le choix d’une réponse brutale. Sans surprise, la stratégie de maintien de l’ordre n’a pas été adaptée à la particulière vulnérabilité de ce mouvement composé essentiellement d’enfants, dont la protection ne peut être à géométrie variable. Au contraire, l’ensemble des outils répressifs habituels est mobilisé, comme en témoignent les vidéos qui se multiplient : gazage des élèves, interpellations brutales, utilisation d’armes sublétales mutilantes. Ces usages manifestement disproportionnés de la force publique touchent d’abord et avant tout les jeunes racisé·es issu·es des quartiers populaires.
Alors que le ministre de l’Éducation dressait mercredi le bilan de 119 élèves et personnels blessés depuis vendredi dernier, et que plusieurs saisines de l’IGPN sont déjà intervenues, aucune stratégie d’apaisement et de désescalade n’est avancée par le ministre de l’Intérieur.
Le ministère de la Justice n’est pas en reste : il a publié mardi dernier une dépêche enjoignant les procureur·es « à faire preuve de la plus grande fermeté » dans les cas de « participation à un groupement en vue de la préparation de violences ou dégradations, ou de participation à une manifestation en étant porteur d’une arme » – infractions dont nous avons dénoncé à maintes reprises le caractère excessivement flou et arbitraire.
Nous en profitons pour vous mettre le lien vers la contre-circulaire rédigée par notre syndicat en 2023. Il s'agit d'une boîte à outils utilisable par les magistrat·es pour contrôler de manière pleine et entière les procédures pénales diligentées à l’encontre des manifestant·es et traiter de manière adaptée les violences illégitimes commises par les forces de l’ordre.
Le Syndicat de la magistrature réaffirme la nécessité de mettre un terme à la brutalisation du mouvement social des lycéen·nes. Un autre horizon est possible et expérimenté par nos voisins européens, ayant développé des doctrines de désescalade ou de consensus. Alors que l’État est mis face à ses propres défaillances par la jeunesse, l’usage de la violence ne permettra pas de rétablir la paix sociale.
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